Ce qui nous a séduits chez Tapio, c'est l'agilité. L'outil évolue avec nos besoins, et nous pouvons intégrer nos propres facteurs d'émission — essentiel pour travailler avec des données physiques fiables.
Thomas & Piron Bâtiment : le bilan carbone comme boussole stratégique
Pour Thomas & Piron Bâtiment, filiale du Groupe Thomas & Piron spécialisée dans les ensembles multirésidentiels, la durabilité est un choix stratégique assumé, inscrit dans la façon de concevoir et de livrer des bâtiments. Avec 380 collaborateurs et une empreinte sur cinq pays — Belgique, Luxembourg, France, Suisse, Portugal — la filiale a fait de la mesure carbone un véritable outil de pilotage.
Le contexte — Anticiper plutôt que réagir
Dans un secteur où la pression réglementaire s’intensifie, la CSRD, les exigences des marchés publics et les attentes des clients redéfinissent les règles du jeu. Le Groupe Thomas & Piron, avec plus de 3 000 collaborateurs, y est directement soumis, avec l’obligation d’un reporting de durabilité structuré et auditable en 2028 pour 2027.
Mais Thomas & Piron Bâtiment a devancé cette obligation. Dès 2019, la conviction était claire : dans un secteur qui pèse lourd sur les émissions globales, continuer à construire sans mesurer son impact n’est plus tenable. Décarboner est la seule façon de construire durablement. Et c’est, pour la filiale, un levier de différenciation concret face à ses clients, ses co-promoteurs et ses donneurs d’ordre publics.
“La cellule innovation a été créée pour anticiper, pas pour réagir. La durabilité en est le cœur : il nous donne une base solide pour conseiller la direction, orienter les métiers et prendre des décisions éclairées sur les matériaux, l’énergie et les chantiers.”
— Romuald Catoul, Gestionnaire référent en Développement durable, innovation et R&D, Thomas & Piron Bâtiment
Dès 2019, la filiale a constitué une cellule dédiée à l’innovation, au développement durable et à la R&D. L’objectif : bâtir une compétence interne solide, capable d’orienter la stratégie, de soutenir les équipes opérationnelles et d’anticiper les évolutions du secteur. Aujourd’hui, l’équipe s’est agrandie et compte trois personnes à temps plein sur ces matières.
Le défi — Passer du reporting à la décision
Construire la donnée là où elle n’existait pas. Le premier bilan carbone de Thomas & Piron Bâtiment a été réalisé en 2020 sur l’exercice 2019, avec l’appui du bureau spécialisé CLIMACT. L’équipe s’est alors formée à la collecte de la donnée carbone dans le secteur de la construction.
Les émissions liées aux matériaux, à l’énergie des chantiers, à la flotte de véhicules et aux bâtiments vendus mobilisent des services très différents : achats, RH, logistique, énergie. Sans gouvernance claire, sans outil structurant, l’exercice risque de rester peu exploitable.
La complexité était également méthodologique. Pour comptabiliser l’énergie « grise » des matériaux implémentés ou encore l’énergie opérationnelle des bâtiments livrés pendant 60 ans, Thomas & Piron Bâtiment a retenu une approche physique, basée sur les quantités réelles plutôt que sur des données monétaires. Un choix exigeant, mais qui garantit la fiabilité des résultats dans le temps.
Des résultats qui surprennent et orientent. Le bilan carbone a confirmé certaines hypothèses : le béton et l’acier figurent parmi les postes les plus émissifs. Mais il a aussi mis en lumière des écarts parfois contre-intuitifs entre le poids ou le volume de certains matériaux et leur impact réel sur les émissions. Cette analyse fine a révélé que des éléments perçus comme secondaires peuvent, en proportion, contribuer significativement à l’empreinte globale. Sans ce niveau de granularité, certaines opportunités de réduction auraient pu rester invisibles.
Autre enseignement structurant : les émissions liées au fonctionnement de l’entreprise elle-même — énergie, véhicules, frais généraux — ne représentent que 3 à 4 % du total. L’essentiel des émissions se joue dans les matériaux implémentés et dans l’énergie consommée par les bâtiments sur leur durée de vie. Ce constat a directement orienté les priorités d’action.
Mobiliser sans imposer. La montée en compétences interne a nécessité d’embarquer des équipes peu familières avec la logique carbone. Achats, bureaux d’études, chefs de projet : chacun a dû intégrer de nouveaux réflexes dans ses pratiques quotidiennes. Construire cette culture interne relevait autant du management que de la conception et de la technique.
L’approche avec Tapio et CLIMACT — Structurer pour agir
Pour structurer cette démarche dans la durée, Thomas & Piron Bâtiment s’est appuyé sur deux partenaires complémentaires : CLIMACT pour l’accompagnement méthodologique et stratégique, et Tapio pour la gestion et la structuration des données carbone.
“Ce qui distingue la démarche de Thomas & Piron Bâtiment, c’est le passage du bilan carbone comme exercice de conformité à un véritable outil d’aide à la décision. La donnée carbone devient ici un langage commun au service de choix stratégiques.”
— Laurie Pazienza, Spécialiste immobilier et construction, CLIMACT
Le choix de Tapio s’est appuyé sur plusieurs critères concrets : la flexibilité de l’outil, la possibilité d’intégrer des facteurs d’émission propres, et la réactivité de l’équipe face aux retours terrain.
“Ce qui nous a séduits chez Tapio, c’est l’agilité. L’outil évolue en fonction de nos besoins. Nous pouvons intégrer nos propres facteurs d’émission, ce qui est essentiel pour travailler avec des données physiques fiables.”
— Romain Crahay, Gestionnaire de développement durable, Thomas & Piron Bâtiment
La plateforme a permis d’instaurer une structure de données uniforme au sein de la filiale et du groupe. Mais au-delà de la collecte et du reporting, c’est la fonctionnalité de simulation de scénarios de réduction qui retient l’attention des équipes. Visualiser l’impact d’un choix de matériau ou d’une évolution de la flotte sur la trajectoire carbone globale transforme le bilan en outil de décision, pas simplement de constat.
Les résultats — De la donnée à l’action
Sur le volet énergie, Thomas & Piron Bâtiment a concentré ses efforts sur la décarbonation des systèmes énergétiques des bâtiments, en privilégiant des solutions de production performantes et faiblement émettrices. La transition s’est traduite par le remplacement progressif des producteurs à énergie fossile par des solutions électrifiées ou renouvelables — aérothermie, géothermie, réseaux de chaleur — ainsi que par une attention particulière à l’autoconsommation des énergies renouvelables. La filiale prépare également les prochaines étapes via le développement d’outils de suivi des consommations réelles, tant pour les équipes de maintenance que pour les occupants, ouvrant la voie à une participation active des utilisateurs.
Sur le volet matériaux, des travaux ont été engagés avec les fournisseurs pour :
- obtenir des déclarations environnementales de produits (EPD) ;
- optimiser les prescriptions béton — réduction du ciment, traçabilité de l’acier ;
- tester des substituts biosourcés à certains matériaux pétrochimiques.
Sur le volet chantier, la flotte évolue vers l’électrique, l’usage du diesel est réduit, et des packs batteries remplacent progressivement les groupes électrogènes.
Ces résultats ont également une dimension commerciale. La maîtrise du bilan carbone renforce la crédibilité de Thomas & Piron Bâtiment, facilite l’accès aux certifications, prépare la CSRD, et constitue un argument tangible auprès des clients B2B et des co-promoteurs sensibles à l’impact environnemental de leurs actifs.
La conviction qui sous-tend l’ensemble de la démarche est claire : il existe un coût à l’inaction. Agir aujourd’hui, avec méthode et données fiables, c’est protéger la valeur des actifs construits et la compétitivité de l’entreprise dans un marché qui se transforme.
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